Copier les autres

Traduit de l’anglais par Laurence Laveausite web en français

Keith Bateman et Heidi Jones

Il est agréable et inspirant d’observer la technique fluide et efficace des grands coureurs, aussi bien ceux d’hier que d’aujourd’hui. Cependant, le fait de choisir un seul aspect de leur style de course et de le copier ne vous permettra pas de courir comme eux et pourrait même nuire à votre technique.

Les bons coureurs :

  • courent vite.
  • passent moins de temps au sol.
  • ont tendance à avoir une cadence entre 180 et 190.
  • lèvent les genoux et les pieds loin du sol.
  • effectuent souvent leur premier contact au sol de l’avant-pied.
  • semblent se pencher en avant.
  • possèdent une grande force des pieds, mollets, ischio-jambiers, fessiers et du tronc.

Quelle partie copier ?

Tous les éléments ci-dessus sont les CONSÉQUENCES d’une bhttps://olderyetfaster.com/running-myths-explained/pronation/onne technique, et non ses CAUSES ; il est inutile, et dans certains cas nocif, d’essayer d’en copier l’un ou l’autre.

  • Courir vite
    S’il vous faut imiter une seule caractéristique des bons coureurs, celle-ci est peut-être la meilleure, car en général, vous courrez mieux à des vitesses plus élevées. Cependant, le fait de courir plus vite n’améliore pas votre style de course à des vitesses inférieures. Plus important encore, le fait courir plus vite sans corriger votre mauvaise technique augmente votre risque de blessure.
  • Moins de temps au sol
    Les coureurs dotés d’une bonne technique passent moins de temps au sol, car leurs pieds atterrissent plus précisément dans l’axe de leur corps, ce qui réduit le temps que le corps met pour passer au-dessus de leurs pieds. N’essayez pas de limiter artificiellement votre temps au sol — cela doit se produire naturellement lorsque l’on applique un bon style de course.
  • Cadence dans la fourchette « magique » de 180 à 190
    Il n’existe pas de cadence « parfaite » pour toutes les conditions. Elle doit varier tout au long d’une course en fonction de la vitesse, de l’accélération, de la technique, de la condition physique du coureur et du terrain. Changer votre cadence en fonction d’une idée prédéterminée sans rapport avec votre situation vous amènera à mal courir. En outre, en augmentant sciemment votre cadence d’une manière inadaptée aux circonstances, non seulement que vous effectuerez le mauvais geste, mais vous le répéterez aussi plus souvent.
  • Hauteur des genoux et des pieds
    Il est vrai que les pieds et les genoux des bons coureurs se trouvent à une certaine hauteur du sol, mais ils ne les soulèvent pas consciemment. C’est la conséquence d’un bon style de course et non une action délibérée. La hauteur par rapport au sol, ainsi que la flexion supplémentaire des genoux due à leur vitesse accrue, amènent leurs genoux à s’élever plus naturellement sans aucun effort intentionnel de leur part.

    Il est problématique de soulever délibérément les pieds car cela réduit la hauteur que l’on peut gagner du sol, diminuant ainsi la phase d’envol et augmentant à la fois le temps au sol et le freinage à chaque atterrissage.
  • L’avant-pied touche le sol en premier
    Lorsque vous courez, votre pied doit toucher le sol en avant du reste de votre corps. Plus vous allez vite, plus le point de contact sera loin en avant. Mais même si l’avant-pied des coureurs de haut niveau entre souvent en contact avec le sol en premier, c’est de manière très légère et la plupart de la force est exercée vers le bas lorsqu’ils finissent d’atterrir.

    Comme la plupart des gens courent moins vite que les coureurs d’élite, il n’est pas nécessaire que leurs pieds entrent en contact avec le sol aussi loin en avant du reste de leur corps. Il est complètement inadapté de copier ce contact de l’avant-pied et loin devant qu’on les coureurs d’élite rapides, à la vitesse de course plus faible du coureur ordinaire ; cela entraîne un atterrissage lourd et une éventuelle blessure de l’avant-pied, sans parler d’une allure ridicule – celle d’un cheval de dressage !
  • Se pencher en avant
    L’impression de « se pencher en avant » constamment est largement illusoire. Il est nécessaire d’exercer une certaine poussée vers l’avant lorsque l’on court, ce qui oblige à s’incliner vers l’avant au niveau de la taille et à décoller légèrement penché en avant. Cela donne l’impression d’être constamment incliné vers l’avant, mais masque le fait que le coureur s’incline en fait vers l’arrière de manière équivalente à l’atterrissage.

    Un vent de face peut obliger à se pencher vers l’avant et à pousser davantage, cependant dans des conditions normales, le degré d’inclinaison est très faible. En outre, en supposant qu’une course commence et se finit en position debout, le total de vos accélérations (inclinaison vers l’avant) doit être égal à celui de vos freinages (inclinaison vers l’arrière).

    Vous n’obtiendrez pas un bon style de course en tentant d’incliner votre corps vers l’avant en permanence – vous vous trouverez obligé d’avancer la jambe sous votre torse ou de soulever les pieds derrière vous pour garder l’équilibre. Il vaut mieux rechercher la sensation d’un atterrissage quasi vertical et équilibré, celui-ci engendrera automatiquement l’angle d’inclinaison optimal.
  • Ils sont musclés
    Le fait d’être musclé n’engendre pas par lui-même un bon style de course, cependant, un bon style de course renforce votre corps aux bons endroits. Si vous appliquez une bonne technique de course, chacun des plus de 10 000 atterrissages que vous accomplirez par heure entrainera un renforcement musculaire des mollets, fessiers, ischio-jambiers, du tronc, du bas du dos et bien d’autres. Il est inutile de fréquenter la salle de sport ou de soulever des poids pour acquérir la force de courir. Il est vrai qu’une certaine une force musculaire supplémentaire peut offrir une protection limitée contre les blessures si vous appliquez une mauvaise technique de course, mais il est beaucoup plus facile d’appliquer la bonne et d’acquérir ainsi la force requise.

La seule chose à copier

Lorsque j’aide mes clients à modifier leur technique, je ne parle pas d’attaque du pied ou des caractéristiques des bons coureurs citées ci-dessus. Je leur montre comment atterrir de manière équilibrée – dans un alignement aussi vertical que possible. Plutôt que de se focaliser sur un type donné d’attaque du pied, ils utilisent la sensation produite par leur atterrissage pour évaluer leur équilibre et l’ajuster en pleine course. Une fois que les clients réussissent régulièrement à accomplir des atterrissages mieux équilibrés, leur technique commence à ressembler à celle des coureurs au meilleur style de course.

Bien qu’il ne fasse pas partie de la liste ci-dessus, l’atterrissage équilibré est le « dénominateur commun » d’un bon style de course, quelles que soient la vitesse, la morphologie, la force physique du coureur ou quelque autre variable. En se concentrant uniquement sur un atterrissage équilibré, on remédie d’un coup à tous les symptômes d’une mauvaise technique. C’est pourquoi l’atterrissage équilibré est au cœur de notre manière d’enseigner à courir efficacement, selon une méthodologie que nous avons développée pendant plus d’une décennie avec des milliers de clients.

Un bon style de course repose sur l’apprentissage d’un atterrissage dans un alignement le plus vertical possible lorsque l’on court à vitesse constante. En atterrissant ainsi, de manière équilibrée et dans un alignement quasi vertical, on évite de se pencher en arrière, ce qui minimise l’action freinage et son impact et maximise le rebond au sol. C’est le secret d’une foulée longue et souple et vous permettra de courir comme un champion !

Les leçons qui font partie du livre et les vidéos en ligne sont simples à suivre et décrivent exactement comment réaliser cet atterrissage équilibré. Gardez cependant à l’esprit qu’il ne s’agit pas d’une transformation instantanée. Il faut un certain temps d’adaptation au corps lorsque l’on modifie sa technique. C’est pourquoi nous détaillons la manière d’effectuer une telle transition de façon à permettre à vos muscles, tendons et ligaments de s’adapter. Mais c’est un changement qui dure toute la vie.

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